Bref historique
L’une des pièces centrales de l’oeuvre de l’architecte Joseph Alfred-Hector Lapierre, ‘Le Pavillon des loisirs’ (nom original) est construit entre 1911 et 1913. Cette construction avait été rendue nécessaire puisque le bâtiment principal du Collège de Montréal ne suffisait plus à répondre aux besoins des élèves dont le nombre augmentait sans cesse. Il reçoit son nom d’Ermitage en 1941 en raison de son éloignement relatif du bâtiment principal.
Pour permettre de s’y rendre sans inconvénient par mauvais temps, on construit, en 1914, le passage qui relie le Collège au Pavillon.
Il était alors divisé en deux, la partie ‘salle de récréation’, pourvue de tables de billard et d’autres équipements sportifs; et la partie ‘salle académique’ consacrée aux activités de théâtre, de musique et aux événements protocolaires tels la distribution annuelle des prix.
L’Ermitage sert, depuis sa construction et jusqu’en 1998, de gymnase du Collège. On y transformera la salle académique en salle de théâtre bien équipée en 1941-1942. La salle qui pouvait accueillir jusqu’à 600 personnes a même abrité un studio d’enregistrement de Radio-Canada (jusqu’en 1967) en raison de sa qualité acoustique remarquable. D’ailleurs, plusieurs émissions de Radio-Canada ont été enregistrées à l’Ermitage, incluant ‘Radio-Carabin’ et les concours ‘Nos futures étoiles’. L’Ermitage fut aussi un lieu de présentations musicales de La Petite Symphonie de Montréal, des récitals d’Elizabeth Schumann et du ‘McGill String Quartet’.
En 1967, l’Ermitage est remis à l’usage exclusif des élèves et est configuré en palestre en raison du manque d’espace pour les sports intérieurs et de la baisse d’intérêt pour la salle de théâtre. Le suppression des bancs du théâtre et le redressement du plancher permettent l’installation d’appareils de gymnastique. La scène, alors surélevée d’un pied, servira encore occasionnellement à des représentations.
Dans les années 90, avec la construction imminente du nouveau complexe sportif devant remplacer les fonctions inadéquates de l’Ermitage pour des équipements plus modernes, un comité de restauration de l’Ermitage est mis sur pied pour proposer des solutions à la conservation du bâtiment. En font partie des gens connus du milieu artistique incluant Maureen Forester, Gilles Lefebvre et Henri Bergeron n’en nommer que quelques-uns. On projette alors de récupérer l’Ermitage pour lui redonner sa vocation culturelle d’origine à cause de son histoire, de ses qualités acoustiques, de la configuration intéressante de la salle de spectacle et de son emplacement avantageux dans le coeur du centre-ville.
À la fin des années 90, la troupe de théâtre UBU manifeste un intérêt pour s’y établir à condition d’obtenir les fonds nécessaires. Le Collège entrevoit alors la possibilité d’un partenariat pour les élèves intéressés à cette activité. Faute de subventions, le projet prend fin.
En 2002, le Collège propose à la compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, propriétaires du Collège de Montréal, de reprendre l’Ermitage pour des fins éducatives et demande un délai de deux ans pour lui permettre de mettre sur pied une campagne de financement. Ce projet n’a pas de suite.
De 2002 à 2004 l’Ermitage est loué pour le tournage de la série télévisée « Fortier ».
Une situation financière plus favorable et des besoins en locaux de danse, de musique, d’activités diverses prévalant, le Collège propose aux Prêtres de Saint-Sulpice de lui permettre d’utiliser l’Ermitage à long terme tout en le restaurant. Ceux-ci acceptent la proposition du Collège et lui permettent de procéder à la restauration de l’Ermitage, lui accordant ainsi un bail pour la durée de reste de l’emphytéose.
En juin 2005, le conseil d’administration entame la Phase I des travaux essentiels à la préservation et à la valorisation de l’Ermitage, lesquels consistaient en la réfection des structures et des surfaces intérieures du bâtiment. Les travaux de la Phase I se sont exécutés en 2006. Entièrement financés par Le Collège de Montréal et sa Fondation, ces travaux ont à ce jour nécessité des investissements importants de l’ordre de 3 millions de dollars. Ceux-ci comprenaient le pavillon des arts avec salle de répétitions-concerts, des cubicules de pratique, une salle de spectacle et un gymnase. Ces travaux ont été exécutés par la firme d’architectes FABC.
Au cours des prochains mois, Le Collège de Montréal dévoilera ses plans pour la poursuite de travaux de réfection affectant, cette fois-ci, les structures et les surfaces extérieures du bâtiment. Cette deuxième phase de travaux, dont les coûts sont présentement évalués à 2 millions de dollars, rendra à l’Ermitage ses airs de dignité et de noblesse tout en assurant la pérennité de l’édifice.
Des photos de l’Ermitage de 1913 à nos jours sont disponibles au lien suivant : www.college-montreal.qc.ca